West Side Story : Une comédie musicale de haut vol !
- lacinquiemedecouve
- 24 mars 2022
- 3 min de lecture
Cette semaine aura lieu la 94ème cérémonie des Oscars, le grand rassemblement qui permet chaque année de récompenser les différents corps de métiers du 7ème art.
Le palmarès est colossal, de Licorice Pizza, le dernier Paul Thomas Anderson qui encore une fois nous montre sa maîtrise totale de l'art cinématographique; au grandiose Dune de Denis Villeneuve qui nous donne une vision démentielle du célèbre récit de science-fiction; en passant par
Tick, Tick… Boom ! la comédie musicale de Lin Manuel Miranda dont je vous avais déjà porté les louanges dans un article toujours disponible sur le site !
L’année a été riche en cinéma malgré la pandémie, la concurrence sera de mise lors de cette cérémonie du 28 mars, et parmi tous ces films, j’ai évidemment mon petit favori…
Inutile de garder le suspense plus longtemps (de toute façon c'est écrit dans le titre), si vous avez lu nos précédents articles, vous connaissez mon amour pour les comédies musicales, et bien que Tick, Tick.. Boom ! fasse partie de la compétition, mon cœur chavire pour la nouvelle création du grand Steven Spielberg, une réécriture de la comédie musicale créée à Broadway en 1957 avec une musique de Leonard Bernstein, il s’agit bien sûr de West Side Story !

(Dans cet article je ne parlerais pas, ni ne ferais de comparaison avec le film (que j’apprécie moyennement par ailleurs) de Jerome Robbins et Robert Wise, sorti en 1961; le film de Spielberg n’étant pas un remake mais bien une adaptation de la pièce de Broadway.)
Prenant place dans les années 1950, l’histoire nous raconte le conflit de deux bandes de jeunes pour le contrôle du quartier de l’Upper West Side à New York. Les Sharks de Bernardo (immigrés portoricains) et les Jets de Riff (immigrés européens) se livre une guerre de territoire, portée par la haine, les discriminations et la violence.
Mais, à travers le conflit, à la manière d’un Roméo et d’une Juliette, le grand Tony, ancien détenu fondateur du gang des Jets, et la douce Maria, sœur de Bernardo, chavirent l’un pour l’autre dans un amour immense mais impossible.
West Side Story est une comédie musicale de première classe, où chaque plan et chaque chorégraphie sont millimétrés.
Ici, la caméra vole, elle accompagne les mouvements, elle danse avec les personnages.
Ce bon vieux Steve nous montre une nouvelle fois qu’il maîtrise à la perfection son art.
C’est une véritable maestria de mise en scène avec des compositions de cadres et de montage qui viennent donner une incroyable modernité à ce récit de plus d’un demi siècle.
La scène du bal du lycée dans le gymnase au début du film m’a fait l’effet d’un pavé dans la figure, notamment par sa gestion des couleurs, ses chorégraphies et surtout ses musiques, le tout nous offrant un spectacle fabuleux. Mention spéciale à la rencontre qui s'ensuit, les personnages se trouvant derrière les gradins, la scène nous offre un jeu de clair-obscur, jouant avec des flares lumineux; du grand cinéma !

Je ne vous spoilerai pas l’intrigue pour ceux qui ne la connaisse pas, mais West Side Story de Steven Spielberg s’impose comme une véritable tragédie onirique, où les choses vont au fur et à mesure dégénérer, passant des couleurs pétantes des robes portoricaines, des sourires aguicheurs des Jests et des néons flamboyant de New York, à la noirceur des rues de l'Upper West Side et la misère de cette jeunesse sans repères…
Le film porte en lui un discours éminemment politique sur la société américaine actuelle, des conflits sociaux qui y règnent et comment, malgré tous les efforts du monde, le collectif disparaît peu à peu pour faire place à la ruine.
Je crois ne pas vous avoir assez parlé de la bande originale (que j’ai fait tourner en boucle dans mes oreilles après mon premier visionnage) qui reste fidèle aux musiques écrites pour la pièce de Broadway, tout en apportant quelque chose de moderne, de novateur, mais aussi un côté épique que l’on a l’habitude de retrouver dans le cinéma de Spielberg.
Cette musique qui porte le film, arrive à nous procurer des émotions très fortes (hein? quoi? moi, pleurer devant le film ? non pas du tout, je vois pas de quoi vous parlez…), les personnages se mettant à chanter lorsque de simples dialogues ne suffisent plus pour transmettre les sentiments qui les animent.
West Side Story s’impose comme une œuvre novatrice, politique, de grand divertissement qui s'inscrit parfaitement dans la filmographie de son réalisateur.
C’est une œuvre qui lui est chère. Étant petit, il écoutait sans cesse les compositions de Leonard
Bernstein; il rend ainsi un merveilleux hommage à ce grand artiste de musical.

Je croise les doigts très fort, bien que ce film semble posséder toutes les qualités d’un grand film à Oscars. J’espère qu’il recevra des récompenses pour ces jeunes comédiens encore méconnus du grand public et dont les performances méritent d'être saluées.
Et peut-être que d’ici quelques semaines nous aurons l’occasion de découvrir ou redécouvrir ce chef-d'œuvre dans les salles obscures.
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