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Article Engager : The End de Zep

  • lacinquiemedecouve
  • 27 janv. 2022
  • 3 min de lecture

Quand la nature reprend ses droits…


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Aujourd’hui on s’attaque à un pilier de la bande dessinée francophone; notamment pour son personnage de Titeuf, qui a bercé tant d’enfances, y compris la mienne; on parle bien sûr de Philippe Chappuis plus connu sous le nom de Zep.

Auteur fort de comédie avec Titeuf donc, mais aussi What a Wonderful World; Zep, par ses emblématiques dessins aux allures grotesques, ses touches d'humour toujours bien senties et l’aspect touchant et attendrissant de ses œuvres, à toujours su résonner en moi.


Mais ici on touche à une autre facette de sa bibliographie. On va vous parler d’une BD sortie en 2018, s’approchant à la fois du thriller, de la science-fiction et du récit apocalyptique.

Il s’agit de The End.


Nous suivrons l’histoire de Théodore, un jeune stagiaire qui se retrouve dans la réserve de Doksla en Suède, où il fera la rencontre du professeur Frowley, passionné du groupe de rock The Doors, un homme rempli de mystères et de folles théories qui pourraient s’avérer vraies.

Cependant avant de nous présenter le personnage principal, The End nous offre deux magnifiques doubles pages, où l’on peut apercevoir des randonneurs en pleine nature qui vont subitement mourir de façon inconnue…


Vous l’aurez compris, dans The End, il plane une atmosphère de mystère et d’étrangeté.


Théodore étant lui-même un personnage au passé trouble, on comprendra au fur et à mesure du récit qu’il a été lié à des mouvements radicaux de manifestations écologiques dont il aimerait se défaire pour reprendre une vie normale.

Il va par ailleurs se lier d’une amitié forte qu’il aimerait changer en une relation amoureuse avec l’assistante du professeur.


Dans cette réserve, son travail est de procéder à des prélèvements, des observations de la nature afin d’essayer de mieux la comprendre, ou pour être plus exacte, de la déchiffrer.


Je vous ai parlé plus tôt des théories du Professeur Frowley, celles-ci vont être mises en avant par son rapport aux arbres, à la crainte mais surtout à l’admiration qu’il peut leur vouer. En effet, tel que nous l’explicite le livre, les arbres pourraient être la clé de la survie de l’humanité; ils auraient en eux un codex, capable de retracer l’historique de notre planète depuis des millénaires…

Parce que, oui, comme je vous l’ai dit, des gens meurent de façon inconnue.

Et à l’heure où la nature semble reprendre ses droits face aux attaques toujours plus nombreuses de l’humanité (pollution, déforestation, non-respect des espèces…) rentrer en contact avec elle et s’inspirer de son évolution pour mieux vivre en harmonie avec le monde qui nous entoure, serait la solution du Professeur.

Mais malgré ses mises en gardes, il reste considéré comme un fanatique aux yeux de la communauté scientifique.

L’humanité courrait donc volontairement à sa perte en faveur du profit et de la cupidité…


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Dans The End, on se retrouvera en tête en tête avec l’immensité et l'inéluctable grandeur de mère nature, face à laquelle, nous autres humains, finiront un jour par s’incliner à force de toujours vouloir la contrôler dans un sens et la négliger dans l’autre.


Zep nous livre ici un discours engagé, alarmiste quelque part. Il vient nous rappeler que nous sommes fait pour cette Terre mais que nous sommes surtout fait pour la respecter.

A travers ses personnages attachants, par leurs passés, leurs émotions et leurs espoirs, on peut facilement s’identifier à eux en tant que lecteur, ce qui rend le récit encore plus immersif.


Pour ce qui est de la forme, The End est assez imposant; peut-être pour montrer la variation de ton de l’auteur (la bande dessinée Titeuf par exemple, étant assez fine et légère).

La façon de dessiner et le choix de la colorimétrie changent radicalement.

Ces changements ne sont bien évidemment pas anodins et viennent appuyer la gravité du récit. Avec des traits raffinés, plus réalistes, on y trouve un charme à la fois chaleureux et repoussant.

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Face à l'immensité de certains décors, la virtuosité des doubles pages avec des planches immenses mais aussi la froideur que peut dégager les teintes bleues et vertes, quasiment monochromatiques sur certains dessins;

The End est une véritable claque visuelle !

A vrai dire, j’ai cette bande dessinée dans ma bibliothèque depuis un moment déjà et j’aime m’y replonger de temps en temps, parfois même en ne lisant que certains passages, juste pour retrouver l’ambiance particulière de cette œuvre, redécouvrir certaines nuances d’illustration et puis réécouter en boucle, comme ce bon vieux Professeur, un classique des Doors


“This is the end. Beautiful friend. This is the end. My only friend, the end…”


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