L'article du dimanche : Y le dernier homme ✨
- lacinquiemedecouve
- 4 déc. 2021
- 3 min de lecture
Et si d’un coup d’un seul, tous les hommes (je dirais même plus ! Tous les mammifères masculins de la planète !) étaient supprimés sans raison ?

C’est la perspective que nous offre "Y, le Dernier homme", une série de comics écrite par Brian K. Vaughan, dessiné par Pia Guerra et publié entre 2002 et 2008. Mais comme le titre l’indique, un seul et unique homme reste encore en vie, sans oublier son petit capucin mâle, Esperluette… oui oui c’est bien ça le nom du singe !
Yorick est le dernier homme sur terre et vous l’aurez compris, c’est une sacrée responsabilité ! Champion de l’évasion et des tours de passe-passe, ce dernier va être mis à rude épreuve dans un monde qui sombre dans le chaos total.
L’histoire se déroule à notre époque, cela entraîne de nombreuses problématiques, comme l’Impossibilité de voyager (vous connaissez beaucoup de femmes pilotes d'Airbus ?), de communiquer (eh oui internet aussi est mort, snif) et l’approvisionnement en nourriture pousse les gens à l’anarchie.
Mais dans tout ça, notre bon vieux Yorick, il veut retrouver sa chérie pour la demander en mariage (oh comme c’est mignon). Manque de bol, elle est de l’autre côté du globe…
Seulement Yorick n’est pas seul ! Il y a son singe évidemment, mais aussi des femmes qui vont se joindre à lui, non pas pour qu’il retrouve sa copine, mais pour le protéger de menaces telles que les Amazones, un groupe de femme qui est pour la disparition des mâles de la terre et l’élimination de celles qui seraient contre leurs idéaux (oui, c’est autre chose que Wonder Woman).
Yorick et sa troupe rencontreront de nombreuses péripéties au travers desquelles nous découvrirons la cause de cette subite extinction.
Ici je ne vais vous parler que du premier tome, histoire de pas trop vous spoiler, mais surtout vous donner envie de plonger dans cet univers et d’en connaître la suite.
La principale caractéristique scénaristique de ce comics est son montage alterné. Aussi bien à travers l’espace que le temps, l’histoire va se développer sur plusieurs plans.
On retrouve souvent en début de chapitre une grande case noire nous annonçant la temporalité et ainsi on comprend si ce que l’on va lire ensuite se passe dans l’instant présent ou dans le passé.
Cette formation peut ne paraître pas très originale, mais dans Y, le dernier homme nous sommes plongés dans une course, tout va très vite et tout comme les personnages, nous sommes parfois dépassés par les évènements.
Cette sensation de détresse, de vitesse vient justement s’exprimer avec ces bonds dans le passé qui sont souvent de quelques minutes seulement.
Contrairement à des flashbacks plus traditionnels où l’on nous projette plusieurs mois, années, en arrière ; ici tout se joue à la minute ! Certains chapitres vont donc commencer avec des évènements passés il y a 13 minutes, puis 12, 11, 10… une véritable bombe à retardement !
Vous l’aurez compris dans ce premier volet de la saga, le suspense est insoutenable.
Par son univers apocalyptique, nous sommes plongés dans une vision dystopique où l’auteur va s’amuser à redéfinir les paysages politiques, culturels et sociaux de notre planète à travers des approches avant tout féministes.
Graphiquement, cet ouvrage reste dans un style classique, emblématique des séries de comics de notre époque, mais se permet tout de même de nous offrir de sublimes planches, notamment des plans larges de paysages apocalyptiques à vous faire froid dans le dos et aussi des mises en scènes d’action qui se répondent parfaitement de case en case.
Par le nom de ses personnages par exemple, Y le dernier homme s’approche parfois de certains récits bibliques et autres mythes ancestraux. On y trouve alors aussi bien dans le texte que dans l’image, des références bien senties.
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