Pourquoi je ne vais plus au cinéma ?
- lacinquiemedecouve
- 16 févr. 2022
- 4 min de lecture
Pour être tout à fait franc avec vous, je vais toujours au cinéma. J’y vais environ une fois par semaine, ce qui est plus de la plupart des français (en moyenne 3 fois par an).
Alors pourquoi j’ai choisi ce titre pour cet article ? Et bien parce que j’ai la sensation que ça ne suffit pas.
Vous le savez certainement, la fréquentation des salles est en baisse depuis quelques années maintenant.
Cela peut s’expliquer par différentes raisons: le manque de temps, d’envie et d'intérêt vis-à-vis des films à l’affiche, le coût, l'avènement des plates-formes styles Netflix, Disney+, etc… et même une pandémie mondiale !
Mais malgré tout ça, les salles sont toujours ouvertes et n'attendent que nous ! Proposant des films toujours plus impressionnants et surprenants (2021 aura été une belle année pour ça), des nouvelles technologies visuelles (4K, IMAX…) et sonores (Dolby Atmos…) nous plongeant dans une immersion totale et…Ok j’arrête là.
Ces dernières phrases, on dirait des slogans qu’on a pu entendre lors des déconfinements en tout genre…
Est-ce que ça a servi à quelque chose ? SPOILER : pas vraiment.
Certains diront que le cinéma est un art vieillissant et que c’est une bonne chose qu’il puisse s’exporter dans nos maisons, à n’importe quel moment, sur n’importe quel écran.
Je suis partiellement d'accord avec ça. J’ai construit ce que j'appelle une cinéphilie à travers des cassettes vidéos, des DVD, puis mon ordinateur et toutes formes de streaming.
Ces films m’ont fait rire, pleurer, grandir, m'interroger sur certains sujets, et me pousser à me diriger vers les métiers de l'audiovisuel.
D'autre part, la multiplication des écrans et par conséquent des moyens de productions a permis à des créateurs de produire des films et autres objets cinématographiques, qui n’auraient pas pu voir le jour dans un circuit salle habituel.
On a donc une prolifération du cinéma, aussi bien dans sa distribution mais aussi dans ses nouvelles propositions de genres et de formats.
Alors oui le cinéma à la maison c’est une révolution !

Cependant, êtes-vous capables de me citer le dernier film sorti sur Netflix ? Le dernier film que vous avez regardé sur un écran d’ordinateur ? Vous a-t-il marqué ?
J’en doute. On se souvient du titre, de ce dont ça parlait vaguement; mais de là à en sortir marqué, c’est plus difficile.
Parce qu’avant le visionnage, on faisait la vaisselle; que pendant, notre smartphone a sonné 3 ou 4 fois; qu’il nous est même arrivé de le déverrouiller pour “juste répondre à un message” ou “juste checker Insta vite fait”.
Pendant ce visionnage, sur l'écran15 pouces de notre ordinateur, la lumière du salon était allumée, quelqu’un nous a interpelé pour nous demander ce qu’on regardait, ou bien personne, nous étions seul face à l’écran…
Vous l’aurez compris, le visionnage à la maison c’est super, mais il est accompagné de beaucoup d'éléments qui peuvent nous déconnecter de l'œuvre cinématographique en face de nous.
Evidemment tout ce que j’expose ici est purement subjectif. Il s’agit de mon avis et j’avais envie de poser ça sur un clavier pour vous en faire part.
Je souhaite simplement poser un constat qu’en a la façon de “consommer” (houla le vilain mot) des films en 2022.
Parce que pour moi, ce qui fait la richesse du cinéma (et de toute forme d’art d’ailleurs) c’est les émotions qu’il arrive à nous transmettre, à nous spectateurs, à travers un film.
Ce film qui va nous faire voyager, nous faire penser à autre chose, nous faire sortir de la réalité parfois difficile, le temps d’un instant...
Cette transmission d’émotions est fragile et il est faut mettre certaines choses en œuvre pour l’atteindre.
Qu’est-ce qui fait qu’un film nous marque et marque son époque ?
A mon sens, la sortie salle est intrinsèquement liée à l’impact qu’aura un film (Bonjour, je suis Jean-Michel J’enfonçedesportesouvertes).
Des affiches aux publicités, du bouche à oreille aux émissions de télé, l’aura d’un film se construit avant et pendant sa période d’exploitation.
On ira peut-être pas le voir mais on saura qu’il a existé; que cette année-là, les gens autour de nous en ont parlé, qu'une hype s'est crée et que plus tard peut-être on sera amené à voir ce film qui avait fait tant parler lors de sa sortie dans les salles obscures
Et si on choisit d’aller le voir, alors c’est toute une entreprise qui se lance. On prévoit une soirée, de quoi s’habiller pour sortir, trouver les clés de la voiture si le cinéma le plus proche est loin (j’habite dans la campagne ok), pourquoi pas manger un bout quelque part avant la séance, se présenter à l'accueil, prendre un ticket, choisir le bon fauteuil rouge et enfin…
On y est !

Les dés sont jetés. Ce film sera un navet ? Un chef d'œuvre ? Ni l’un, ni l'autre ? La réponse une fois que les lumières se rallument, que la foule autour de nous se lève indifférente ou bien se met à applaudir.
Un pari risqué, je vous l’accorde, mais qui pour moi, en vaut la chandelle.
Sur le chemin du retour on y repense, on évoque certains passages qui nous ont plus marqués que d’autres, on débat avec les personnes qui nous ont accompagné dans cette aventure, on dit que cet acteur était pas très beau et qu’il jouait mieux dans l’autre film là vous savez celui dont on sait plus le nom déjà….
Bref le film n’est plus une suite d'images d'environ 2h sur un écran, mais un souvenir, une émotion qui restera gravée quelques temps en nous.
Pour moi c’est ça qui fait, en partie, la grandeur d’un film, c’est l’expérience qui l’accompagne.
J’espère que cet article un peu différent de d’habitude vous aura plu, n’hésitez pas à faire vos retour et donner votre ressenti si ça vous botte, je me ferai un plaisir de les lire et d’échanger avec vous.
Je vous dit à bientôt, à la maison ou dans les salles obscures, mais aussi sur la 5ème de Couverture !
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